Afin de ne pas devoir répéter les mêmes mises en garde ni reprendre les mêmes précautions au début de chacun des « repères historiques » choisis pour cette étude, à savoir :

1.Villas romaines

2.Monastères ruraux

3.Fermes seigneuriales du Moyen-Âge

4.Fermes expérimentales

5.Fermes ornées

6.Parcs agricoles du Comte de Choulot

7.Sociétés d’agriculture et d’horticulture

nous nous proposons de poser en préambule les points suivants : 

            Si ces repères constituent bien une suite chronologique de l’Antiquité à nos jours, il ne faut surtout pas y voir les marches solides et bien carrées d’un escalier temporel. Il est désormais acquis que les grands repères historiques (par exemple Moyen-Âge et Renaissance) sont davantage affaire de conventions que de limites bien nettes. Quant à notre sujet qui traite du vivant et donc de l’éphémère, les limites sont encore plus imprécises. De plus, les « chevauchements » d’époques sont particulièrement longs et persistants dans le monde rural et dans le monde de nos jardins de ferme, qui se sont généralement tenus à l’écart de la mode. Les quelques moments où précisément la mode les a touchés (exemples déjà cités dans notre note d’intention) nous sommes tout aussi précisément hors sujet.

            De la même manière et intrinsèquement, notre sujet laisse peu de traces. Le vivant se laisse difficilement appréhender après plusieurs siècles – à l’exception de rares ifs ou oliviers qui peuvent traverser au moins un millénaire. A partir de ce constat, soyons modestes et admettons nos limites. Les ressources de l’archéologie sont très riches et intéressantes (les progrès récents en archéozoologie ou en palynologie sont importants) mais restent limitées et surtout fragmentaires. Les « scénarios » proposés pour les reconstitutions de fermes gallo-romaines (par exemple) restent des scénarios et la plus grande prudence doit nous tempérer à la vue d’une magnifique  illustration en couleur voire en 3D qui est censée représenter la réalité.

            Enfin, et pour clore ce petit préambule, il ne faut pas oublier que le « fermier » a la réputation d’être tenace. Il fait le dos rond, attend que ça se passe… et replante un pommier exactement sur l’emplacement du précédent qui a été brûlé par le Wisigoth, le Vandale… ou l’Anglois !

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